Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 09:11
Dans une réclamation inhabituelle, un groupe de scientifiques universitaires affirment que les compagnies de biotechnologies les empêchent de pouvoir mener des recherches complètes sur l'efficacité et les impacts des plantes modifiées génétiquement, commercialisées par l'industrie.

Dans une déclaration présentée au Ministère de la Protection de l'Environnement (EPA), les scientifiques écrivent que « aucune recherche vraiment indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions critiques ». L'EPA recherche des commentaires scientifiques provenant de la recherche publique pour des conférences sur les plantes biotechnologiques, qui doivent se tenir la semaine prochaine.

Cette déclaration viendra certainement soutenir les groupes critiques vis-à-vis des plantes génétiquement modifiées, comme les groupes écologistes, qui se plaignent depuis longtemps déjà, que les plantes n'ont pas été étudiées de façon complète et suffisante et pourraient avoir des effets inattendus sur la santé et l'environnement.

Les chercheurs, 26 scientifiques spécialisés dans l'étude des insectes du maïs, ont retiré leur nom car ils craignaient que les compagnies ne les excluent de leurs recherches. Cependant, plusieurs d'entre acceptèrent, lors d'interviews, que leur nom soit cité.

Pour les scientifiques, il est problématique que les agriculteurs et les autres acheteurs de semences génétiquement modifiées aient à signer un accord visant à garantir que, lors de la culture, les droits des compagnies sur les brevets ainsi que les règlements environnementaux sont bien respectés. Cet accord interdit aussi l'utilisation des plantes à des fins de recherches.

Ainsi, alors que des chercheurs universitaires peuvent acheter librement des pesticides ou des semences conventionnelles pour leurs recherches, ils ne peuvent le faire avec des semences modifiées génétiquement. Il leur faut obtenir la permission des compagnies semencières. Et parfois, la permission leur est refusée ou bien les compagnies insistent pour examiner toutes les conclusions avant qu'elles ne puissent être publiées.

Pour les scientifiques, ces accords sont depuis longtemps un problème, mais ils le font savoir publiquement car la frustration s'est accumulée.

Pour Ken Ostlie, entomologiste à l'Université du Minnesota et lui-même signataire de la déclaration, « Si une compagnie peut contrôler les recherches qui paraissent dans le domaine public, elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude ».

Il est frappant de constater que les scientifiques qui ont exprimé cette protestation - et qui proviennent en grande partie d'universités financées par les états avec de grands programmes agricoles - affirment ne pas être opposés à la technologie. Au contraire, pour eux, en étranglant la recherche, l'industrie les empêche de fournir aux agriculteurs des informations sur les meilleurs moyens de faire pousser les plantes. De plus, ajoutent-ils, les données fournies aux organismes de contrôle gouvernementaux sont « excessivement restreintes ».

Pour Elson J. Shields, professeur d'entomologie à l'Université de Cornell, les firmes « peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises au Ministère de la Protection de l'Environnement (EPA) ».

William S. Niebur, le vice-président en charge de la recherche sur les cultures pour DuPont - qui possède la grande compagnie semencière Pioneer Hi-Bred - défend la politique de sa firme. Pour lui, étant donné que les plantes génétiquement modifiées sont soumises à la réglementation du gouvernement, les compagnies doivent contrôler avec soin la façon dont elles sont cultivées. « Nous devons protéger nos relations avec les agences gouvernementales en ayant des mesures de contrôle très strictes de cette technologie ». Mais il rajoutait qu'il serait heureux de pouvoir parler de leurs problèmes avec les scientifiques.

Monsanto et Syngenta, deux autres firmes de semences GM, déclarèrent jeudi, qu'elles soutenaient la recherche universitaire. Mais elles affirmèrent comme Pioneer, que leurs contrats avec les acheteurs de semences avaient pour but de protéger leur droit de propriété intellectuelle et de respecter les obligations réglementaires. Pourtant, Dale Emery, porte parole du ministère de la Protection de l'Environnement, déclarait jeudi que le gouvernement n'exigeait que la gestion de la résistance aux insectes de la plante et que toute autre restriction contractuelle était mise en place par les compagnies. L'accord de Syngenta avec le cultivateur interdit non seulement la recherche en général, mais spécifie qu'un acheteur de semences ne peut comparer le produit de Syngenta avec aucune autre semence rivale.

Le Dr Ostlie de l'Université du Minnesota avait en 2007, la permission de trois compagnies pour comparer dans quelles mesures leurs variétés de maïs insecticides se comportaient bien contre le vers de la racine du maïs, dans cet état. Pourtant, en 2008 Syngenta retira sa permission et l'étude dut être arrêtée. Pour le Dr Ostlie « La compagnie a juste décidé qu'il n'était pas dans son intérêt de la laisser se poursuivre ».

Mark A. Boetel, professeur associé d'entomologie à l'université d'état du Dakota raconte qu'avant que les semences de betteraves sucrières GM soient vendues pour la première fois aux agriculteurs l'an dernier, il souhaitait tester comment la plante réagirait à un traitement insecticide. L'université n'a pas pu obtenir un accord sur la publication et les droits de propriété intellectuelle, avec les deux compagnies responsables, Monsanto et Syngenta.

De son côté, Chris DiFonzo, une entomologiste de l'Université d'état du Michigan évitait, lorsqu'elle menait des études sur les insectes, les champs avec des plantes transgéniques car sa présence mettrait l'agriculteur en situation de violation de l'accord du cultivateur.

Un panel scientifique consultatif de l'EPA prévoit de tenir deux réunions la semaine prochaine. Une réunion se penchera sur la demande de Pioneer Hi-Bred concernant une nouvelle méthode qui réduirait la part du champ d'un agriculteur devant être réservée comme refuge destiné à prévenir l'apparition de résistance chez les insectes à son maïs insecticide. La deuxième réunion abordera d'une façon plus générale les cultures GM insecticides.

Christian Krupke, professeur assistant à l'Université de Purdue, a déclaré qu'étant donné que des scientifiques externes n'ont pu étudier la stratégie de Pioneer, « il ne pense pas que les inconvénients potentiels ont été évalués de façon critique par autant de personnes que cela aurait été nécessaire ». Le Dr Krupke est le président du comité qui rédigea la déclaration, mais il n'a pas voulu dire s'il l'avait signée.

Le Dr Niebur de Pioneer, répondit en affirmant que sa compagnie avait collaboré lors de la préparation de ses données avec les Universités de l'Illinois de l'Iowa et du Nebraska, les états les plus touchés par ce ravageur particulier.

Pour le Dr Shields de l'université de Cornell, le financement de la recherche agricole est passé graduellement du secteur public, au secteur privé. De nombreux scientifiques universitaires sont devenus dépendants, du financement ou de la coopération technique, de la part des grandes compagnies semencières. Il explique : « Les gens ont peur d'être mis sur des listes noires. Si votre seule tâche est de travailler sur des insectes du maïs, que vous avez besoin des dernières variétés de maïs et que les compagnies décident de ne pas vous les donner, vous ne pouvez pas travailler ».

Source : Les Amis de la Terre, traduction de l'article du New York Times, Crop Scientists Say Biotechnology Seed Companies Are Thwarting Research, le 19 février 2009.

La déclaration des Scientifiques

La déclaration suivante a été déposée par 26 scientifiques de premier plan, spécialistes des insectes du maïs et qui travaillent dans des instituts de recherches publics, situés dans 16 états producteurs de maïs. Tous ces scientifiques ont participé activement dans les Projets Régionaux de Recherches NCCC-46 « Développement, Optimisation et mise au point de stratégies de gestion du vers de la racine du maïs et d'autres insectes souterrains, ravageurs du maïs » et/ou d'autres projets liés aux ravageurs du maïs. La déclaration peut s'appliquer à toutes les décisions du Ministère de la Protection de l'Environnement sur les PIP, (Protection Incorporées dans les Plantes) et pas seulement à ce panel scientifique consultatif.

Déclaration :

« Les accords de technologie / gestion exigés pour l'achat de semences modifiées génétiquement interdisent explicitement la recherche. Ces accords empêchent les scientifiques publics de poursuivre le rôle qui leur est imparti au nom du bien public, à moins que l'industrie n'approuve la recherche. Il résulte de cet accès limité qu'aucune recherche vraiment indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions critiques concernant la technologie, ses performances, ses implications pour la gestion (des cultures), la gestion des résistances aux insectes et ses interactions avec la biologie des insectes. Il en résulte que les données en provenance du secteur public parvenant à un panel scientifique consultatif de l'EPA, sont excessivement restreintes. »

Voir aussi le rapport des Scientifiques : Public Submission : EPA-HQ-OPP-2008-0836-0043

 

 

 

Sources link

Par Professeur Tournesol - Publié dans : Infos - Communauté : Ecologie et monde du "BIO"
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 10:23
HADOPI - Le Net en France : black-out
Par Professeur Tournesol - Publié dans : Infos
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 15:03
La société Saipol, propriétaire de la marque Lesieur et grossiste en huile de toutes sortes a acheté un lot de 40.000 tonnes d'huile de tournesol ukrainienne.
L'Ukraine n'est-ce pas le pays de Tchernobyl ? Cette société a revendu une partie de cette huile à d'autres sociétés agroalimentaire. Jusqu'ici rien d'anormal. Un contrôle sanitaire européen avait mis en évidence la présence d'huile minérale destinée à la lubrification des moteurs, mais jugée non toxique.
Ce qui est bon pour les moteurs est bon pour la santé. L'Europe en panne de croissance décidât que l'Ukraine candidate à l'entrée dans l'union devenait de ce fait un producteur énergétique de premier plan avec le gaz qui transit par son pipeline, les restes de radioactivité de Tchernobyl et maintenant cette huile magique qui allait faire de chaque piéton, un deux pieds plus rapide que les vélibs de Bertrand Delanoé.
La pédale au rebus, vive la godasse ! Christine Lagarde ne cachait pas son enthousiasme, elle qui avait déclaré lors des records de prix du baril de pétrole « ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter de l'essence n'ont qu'à prendre le vélo ». Donc, dans la marque Lesieur, nous retrouvons Fruit d'or, Epi d'or, Frial, Isio 4, Saupiquet pour ne citer que les plus connues. Chez Unilever, ce sont Amora, Planta fin, Maille, Knorr, Miko qui ont également reçu des lots de cette bonne huile... Après la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy qui ne pouvait pas dire grand-chose ni donner quoi que ce soit, ce nouveau carburant pour humains est une bonne nouvelle même si à terme nous découvrirons que le cancer du promeneur à fait son apparition dans les années 2010... Certains français plus patriotes que d'autres continuent d'utiliser pour la salade comme pour les frittes, l'huile de synthèse SW 20/40 de chez Total, qui comme le déclarait Christophe de Margerie, « avec Total, c'est un régal, avec Lesieur, pas d'erreur, c'est l'horreur. »

William Cardspeare
2009-02-06
ref:1931

Sources : el-dia

Par Professeur Tournesol - Publié dans : Infos - Communauté : Ecologie et monde du "BIO"
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 17:43
Par Professeur Tournesol - Publié dans : Vidéos - Communauté : Ecologie et monde du "BIO"
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 17:40
OGM - le 12 février 2009  GREENPEACE

L'AFSSA hors sujet et instrumentalisée

Paris, le 12 février 2008. Révélé en catimini par voie de presse jeudi matin, l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est maintenant public : il estime que le maïs MON 810 ne présente pas de danger pour la santé humaine. L'importance de cet avis d'une agence publique historiquement pro-OGM ne doit pas être surestimée... Quelques jours avant une réunion d'importance à Bruxelles, il est néanmoins symbolique du retour en force des lobbies pro-ogm et de l'urgence de se remobiliser dès maintenant pour le droit et la liberté de consommer et produire sans OGM.

Méthodes méprisables
« On peut légitimement s'étonner de la fuite organisée d'un rapport soi-disant secret, quelques jours avant que le sort de la clause de sauvegarde française soit discuté à Bruxelles, observe Arnaud Apoteker de Greenpeace France. Cette fuite est un coup bas des lobbies biotechnologiques visant à affaiblir M.Borloo, mais aussi à inciter les autres Etats Membres de l'UE à voter contre les moratoires nationaux. On ne peut que mépriser de telles pratiques et encourager le ministère français à défendre au nom du peuple français son opposition à des cultures potentiellement dangereuses et mal évaluées devant les institutions européennes. »

L'avis de l'AFSSA ne répond en rien aux préoccupations qui ont justifié la clause de sauvegarde française, prise en vertu de principes écologiques et non de principes sanitaires de court terme. En annonçant jeudi en milieu de journée que la France ne remettait pas en cause la suspension des cultures de maïs OGM, le gouvernement français s'est donc engagé dans la seule voie possible. Celle du bon sens. Greenpeace appelle maintenant le gouvernement à faire preuve du même discernement et de la même conviction les 16 février et 2 mars lors des réunions à Bruxelles qui doivent se prononcer sur les clauses grecque, française, hongroise et autrichienne.

Des doutes sérieux
Rappelons que la clause de sauvegarde française est principalement basée sur des considérations écologiques. En voici certaines :
- « Le risque de pollinisation croisée ne peut être négligé »
- « La protéine Bt produite naturellement par le bacille et celle produite par le maïs MON810 n'ont pas les mêmes séquences primaires »

Néanmoins, des risques sur la santé ont aussi été évoqués :
- « A ce jour, aucun travail scientifique ne permet d'affirmer l'innocuité pour la santé de ces plantes transgéniques »

Il est vrai qu'en l'état actuel des connaissances, les risques à long terme de ces derniers sur l'environnement et la santé ne sont pas connus. La suspension des cultures d'OGM doit donc être maintenue au nom du principe de précaution et du droit des consommateurs et des agriculteurs à consommer et produire sans OGM.

Le mépris de la prévention
L'AFSSA ne s'est jamais intéressé aux effets sanitaires à long terme des OGM. L'avis de l'AFSSA doit donc être ramené à sa juste valeur, celle d'une agence sanitaire qui s'intéresse au court terme et néglige son rôle de prévention. A ce titre, non seulement il n'affaiblit en rien la position de la France et celle des autres pays ayant activé une clause de sauvegarde, mais il justifie la demande unanime des Etats Membres de réformer les méthodes d'évaluation.

Donnez votre avis sur le dernier rapport de l'AFSSA, en participant aux sondages en ligne sur les sites du monde.fr et du figaro.fr

Par Professeur Tournesol - Publié dans : Les organismes génétiquement modifiés. - Communauté : Ecologie et monde du "BIO"
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